L’ océan c’est comme la banlieue
Ca fait des vagues et puis ca meurt
Un enfant c’est une histoire
Meme si le monde l’indiffère
Je suis au ravage des passions
Avec des chaines à la rumeur
Et si mon âme perd son temps
C’est tout mon temps qui se libère
Oh toi la flamme de mon couchant
Et qui accouche des brisants
La mer n’a pas que des violiers
Qui se dévoilent des cœurs lourds
C’est des poitrails de prison
Sur des hivers qui vont tous nus
Toi ma supplique de corail
Qui me déchire d’illusions
Tu fais la niche dans mon cercueil
Et puis tes yeux c’est comme les miens
Tu vois le monde sans façon
Berner nos iles de frissons
Nous emballer juste pour le style
Et revenir comme les saisons
C’est une parole qui va toute seule
Comme le fantôme d’un amant
Quêter du sens pour ceux qui veulent
Se consoler rien qu’un instant
C’est tes paupières qui nous séparent
Et c’est la nuit qui perd du sang
Avec la lumière que tu pares
D’un reflet de mes ossements
Je suis le boiteux de l’asile
L’idiot d’un monde ou tu n’es pas
Comme les fleurs je suis futile
A vrai dire je n’existe pas
Je hante à l’heure des marées
Avec mon sourire bleu et noir
Mon corps gonflé sur la jetée
Je suis un noyé provisoire
C’est toi l’amour de mes quinze ans
Je reviendrais j’en aurais cent
Avec des tas de p’tits enfants
Qui bruleront tous mes romans
C’est un poète du mal au ventre
Qui gueule au ciel toute sa raison
Et qui s’endort dans les cendres
De la folie qui était sa maison
J’ai la tète qui se vide
Les larmes fertilisent la haine
Et creusent déjà les rides
Ou germeront toutes les peines
C’est trop tard ainsi
C’est trop tard
Il est pendu le capitaine
Son squelette au vent dessine
Des arabesques de famine
Et cette fille à l’horizon
Sa silhouette à contre rêve
C’est elle qui dit mon oraison
A ce cortège qui m’enlève
C’est trop tard ainsi
C’est trop tard
Je suis une algue maintenant
Quand des rideaux sur des yeux fous
Font des caresses au grés du vent
Moi je m’évade à genoux
Le désespoir c’est une idole..